Le 4 octobre 2025, le comité de jumelage d’Orvault, la Commission Coopération de la Maison de l’Europe de Nantes invitaient deux membres du CA pour participer à la rencontre départementale des jumelages et suivre une table ronde  sur le devenir des jumelages.

Accueillis par monsieur Jean-Sébastien GUITTON, Maire d’Orvault entouré de personnes référentes, la  conférence Grand Public, animée par Delphine Chaudeaux, journaliste à Pop’Média, avait pour thème  » Les jumelages : vecteurs de paix « .

Nés au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale, portés par la volonté de réconciliation, dans un contexte international marqué par les crises et la guerre, les comités de jumelage sont plus que jamais essentiels pour maintenir un dialogue durable entre les peuples et favoriser la compréhension mutuelle. Ils ont un rôle fondateur dans la construction européenne et la promotion de la paix par une coopération entre citoyens européens.

Les jumelages sont vécus comme de belles aventures humaines et citoyennes. Au fil des décennies, leur rôle a évolué: de l’amitié symbolique vers une mise en œuvre de projets concrets, liés à la culture, la jeunesse ou la citoyenneté. Aujourd’hui, ils constituent un maillon essentiel du tissu démocratique local en impliquant les élus, les associations et les habitants.

Pour qu’ils continuent à vivre et à rayonner, il est parfois nécessaire de les réinventer.

Les organisateurs ont souligné la vocation de cette rencontre : partager des expériences, interroger le sens et l’avenir des jumelages et identifier des leviers pour les redynamiser.

Après un rappel historique et politique – dont les intervenants étaient monsieur Michel Catala, Professeur d’histoire contemporaine de l’Europe à Nantes Université et madame Karine Daniel, Sénatrice de Loire-Atlantique, Présidente de la Fédération Française des Maisons de l’Europe, Christine Marétheu, responsable du point de contact national du programme CERV (Citoyens, Egalité, Droits et Valeurs), Olivier Brunet, membre du Bureau de la Maison de l’Europe à Nantes, conférencier Team Europe Direct, Philippe Maindon, Commission Coopération et Jumelage de la Maison de l’Europe à Nantes – les principaux éléments abordés ont soulevé la mise en épreuve des valeurs fondatrices des jumelages (Guerre en Ukraine, montée des extrêmes, repli identitaire).

Les intervenants ont souligné la nécessité de repenser les échanges autour de la cohésion, de l’inclusion et du dialogue interculturel. Les jumelages peuvent rester des leviers de paix s’ils s’adaptent aux nouvelles réalités sociales et géopolitiques. Le programme CERV représente alors une opportunité de financement et de soutien aux initiatives locales, à condition d’y intégrer des objectifs clairs de participation citoyenne et d’impact européen.

Déroulée en trois séquences, la conférence s’est terminée en explorant les leviers du 21è siècle pour moderniser l’image des jumelages : Une meilleure communication ainsi que l’implication de nouveaux publics en passant par les écoles, les quartiers, le monde associatif et/ou économique. Les outils informatiques offrent des rencontres d’un nouveau genre mais complémentaires aux réunions physiques. Quant à l’accompagnement par les structures tel que le CERV, cela reste un atout à ne pas négliger pour dynamiser les initiatives locales et les inscrire dans une dimension transnationale.

Après des échanges où les participants ont partagé leurs expériences et leurs questionnements autour de la recherche de partenaires, de villes, de financements,  monsieur le Député Karin Benrahim est intervenu puis la séance fut clôturée sur les remerciements de monsieur Morvan Dupont, élu à la mairie d’Orvault (commission jeunesse et culture, sports et coopération internationale) suivie du verre de l’amitié.

Les trois ateliers qui ont été organisés dans l’après-midi, intéressants et dynamiques ont permis un constat répondant aux questions majeures :

– La Gouvernance en mouvement : passer le relais.

Comment renouveler notre  gouvernance : présidences partagées, nouvelles implications, fonctionnement participatif, décisions collégiales, clarification des rôles de chacun, limitation des mandats, pouvant impliquer une modification statutaire.

– Nouvelles familles, nouveaux élans : transmettre sans s’essouffler.

Recruter de nouveaux adhérents, transmettre nos valeurs pour un ancrage local efficace ;  se faire connaître, intervenir pour élargir l’audience et surtout augmenter les adhésions des jeunes. Croiser les comités de jumelage pour co-organiser en tenant compte des différences de chacun, de langues ; diversifier les formats d’accueil, tester des rencontres en lieux tiers.

– La jeunesse dans la boucle : donner envie sans donner de leçons.

Impliquer les jeunes devient une nécessité. Comment rendre les jumelages accessibles et attractifs  aux générations futures ? Passions partagées, thèmes contemporains, réseaux multilingues, défis construits par les jeunes avec des accompagnateurs déjà rôdés sont autant de facteurs de succès. construire avec les établissements, mobiliser les partenariats, les ressources comme l’OFAJ (Office franco-allemand pour la jeunesse) Erasmus et le CES (Corps Européen de Solidarité) qui peuvent avoir un rôle facilitateur des comités.

Ne pas se concentrer sur les seuls échanges officiels, mais maintenir un rythme d’animations locales pour fidéliser et recruter, aller vers les publics peut devenir un enseignement transversal.

En conclusion de cette journée de réflexion, riche d’idées échangées, de partages possibles (comme avec le comité de jumelage de Saint-Nazaire qui pourrait éventuellement programmer de nouveaux objectifs avec nous), les comités font beaucoup. L’enjeu est de mieux coordonner pour multiplier l’impact et de former l’imaginaire européen avant l’âge adulte. La paix comme la Démocratie se travaille par une constellation d’actions locales. L’union faisant la force.